Manu Katché, le musicien aux coups de baguettes magiques
Pour la première fois dans sa carrière, le Français Manu Katché effectue sa toute première tournée québécoise solo. Baguettes au bout des doigts, ce compositeur et batteur prend le pari de conquérir le public de la Belle Province, lui qui a séduit depuis quatre décennies beaucoup d’artistes de par le monde. Dans son pays, le Français a notamment collaboré avec Véronique Sanson, Francis Cabrel, Laurent Voulzy et Michel Jonasz. Outre-Manche, ce sont Sting, Peter Gabriel, Dire Straits, Tears for Fears, Simple Minds qui, entre autres, ont fait appel à son sens du rythme. L’Américaine Tracy Chapman s’ajoute à la liste, tandis que du côté des artistes canadiens et québécois, le batteur cite Robbie Robertson, Daniel Lanois, Diane Tell et Joni Mitchell, Manu Katché se dit heureux de cette tournée solo au Québec, province où il a déjà vécu un an. « C’était à Montréal, au début des années 1990 », se souvient-il. Photo : Gracieuseté d'Anteprima Productions / Arno Lam Le batteur mène cette tournée en quartet, accompagné d’un bassiste, d’un guitariste et d’un pianiste également aux cuivres. Il s’offre également les services de l'ingénieur du son québécois Toby Gendron, rencontré durant ses années montréalaises. Associant son nom aux concerts de cette tournée, Manu Katché ne considère pas rare le fait de passer du statut de sideman d’artistes et de groupes renommés à celui de batteur solo. Il donne en exemple des batteurs célèbres reconnus pour leur talent, de Phil Collins à l’ex-Police Stewart Copeland, de Ringo Starr à Paul Brochu, J'ai toujours eu un rapport à la scène qui était passionnel et donc passionné. Il reconnaît toutefois qu'il vit un défi particulier, celui d' Au fil de ses collaborations, Manu Katché a développé une signature musicale distinctive. Photo : Gracieuseté d'Anteprima Productions / Arno Lam Au Québec, les spectateurs retrouveront assurément le style qui a fait la renommée de Manu Katché, lui qui a fait Manu Katché rappelle que sa rencontre avec son instrument de prédilection a été tardive. Enfant, il s’est d’abord initié au piano puis aux percussions classiques, un apprentissage qui lui a vallu un prix du Conservatoire de Paris. Plus tard, il a découvert la musique pop, le rock, le jazz et la soul. Ça m'a permis, je pense, d'avoir une vraie ouverture musicale, large évidemment, à la musique classique et à la musique contemporaine. Comme dans Road Book, paru en 2013, Manu Katché commente ses rencontres artistiques marquantes, mais il donne également quelques clés de son jeu dans des vidéos accessibles grâce à des codes QR. En donnant à écouter le rythme et ses variations apparaît une envie non seulement d’illustration sonore mais aussi de vulgarisation, voire de transmission. La transmission est aussi au cœur de ses projets avec le rêve d’ouvrir bientôt à Bordeaux un institut international consacré à l’enseignement de la batterie. Mais pas de leçon sur scène durant la tournée. Les concerts visent uniquement à partager le plaisir de la musique, prévient Manu Katché.une rencontre magnifique, exceptionnelle
, commente Manu Katché.Sideman et leader

excellent musicien
et membre du groupe de jazz fusion québécois Uzeb, qui a marqué toute une époque dans le monde entier
, souligne Manu Katché.[Être sideman], je l’ai fait très longtemps avant de me lancer en tant que leader de groupe. J'ai pris beaucoup de plaisir et je prends beaucoup de plaisir à être leader
, assure ce compositeur qui compte 10 albums dans sa carrière solo.offrir au public la musique que j'ai écrite
, estimant être responsable de la qualité de la rencontre avec les spectateurs. Est-ce que cette musique va leur parvenir d'une manière positive? Est-ce qu’il va y avoir une interaction, des vibrations, en fonction de ce qu'on va jouer?
énumère-t-il pour expliquer la pression qui incombe à ce rôle.Le style Katché

beaucoup de choses dans des registres très différents
.Quand on a fait l'album So avec Peter Gabriel, Daniel Lanois m'avait dit : “Ouais, c'est assez busy.” C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de choses, il y a des toms, il y a de petites [cymbales] splash, il y a des choses inattendues. On m’attend sur un downbeat et je vais aller ailleurs
, raconte le batteur pour définir ce style qui le distingue.Et c'est vrai que c'était renversant quand j’étais adolescent
, confie le musicien.Je dois avoir un langage différent
, considère le musicien pour expliquer que tant de musiciens aient fait appel à ses coups de baguettes magiques. Un langage à la confluence entre la musique moderne et ses connaissances musicales classiques, dont il partage quelques secrets dans #Beat, livre publié en 2024 qui revient sur ses 40 ans de carrière.J'arrive à un âge où on se dit : “J'ai eu la chance de faire ci, de faire ça, donc on va en faire profiter les autres”
, acquiesce le batteur.On va faire de la musique avec un certain son, un certain univers. Ce sera extrêmement réceptif des deux côtés : du public et des musiciens sur scène. Et ce sera un échange extrêmement chaleureux
, promet le batteur.
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